Cette étude se borne, au moment où le Maroc, désormais indépendant, subit une profonde transformation dans tous les domaines, à donner un bref aperçu de l'état antérieur des institutions judiciaires marocaines dans les trois zones de l'Empire chérifien et à envisager l'influence du réveil du nationalisme sur le régime judiciaire du pays. Car le Maroc, dégagé des liens de dépendance du Protectorat de 1912 en du Statut de Tanger de 1923, ne tarde pas à prendre place parmi les Etats souverains et l'on sait que le premier attribut de la souveraineté est le droit d'administrer la justice. Il est donc normal que le Maroc, jaloux de cette légitime prérogative de sa jeune souveraineté, ne manque pas de chercher à effacer tout ce qui pourrait rappeler le souvenir du réantérieur de dépendance auquel il a été soumis, en s'opposant à la présence des tribunaux étrangers sur son territoire. Il apparaǐt ainsi que ce problème a un aspect politique non négligeable; mais nous pensons qu'il est d'élémentaire prudence, au moment où le régime politique du Royaume se transforme et cherche sa voie, de nous abstenir de nous aventurer sur un terrain aussi mouvant et aussi glissant. Cela, toutefois, ne peut nous empěcher de rechercher, en toute objectivité d'ailleurs, les indices de la réorganisation de la justice au Maroc regardant les garanties qu'elle pourra assurer aux ressortissants étrangers après la suppression des juridictions étrangères ou mixtes.